Histoire


L'Histoire des 3 Communes

Barrage LES PONTS A VILLARS-SOUS-DAMPJOUX
3 ponts existent sur notre commune.
Malgré nos démarches, ils ne figureront pas sur les nouveaux billets d'euros ! Ils ont fait ou feront l'objet de travaux :
- réfection du pont routier sur le Doubs (RD 36) en 2002
- débroussaillage de l'ancien pont SNCF en 2001
- réfection du pont sur la Barbèche (RD330) en 2001
C'est l'occasion de revenir sur l'histoire de ces ouvrages d'arts.


Le territoire communal est limité au sud et à l'est respectivement par la Barbèche et le Doubs. Les communications dans la vallée du Doubs entre St-Hippolyte et Pont-de roide se sont faites pendant des siècles principalement par la rive gauche du Doubs comme en témoignent des traces d'occupation anciennes : grotte-abri de Rochedane, hameau de Rochedane, découverte de vestige d'une tuilerie gallo-romaine , agglomération de Villars avec le débouché de la Barbèche, Dampjoux avec existence d'une église depuis le 11ème siècle, Bief et son pont, chemin des Santans.
L'existence d'une église à Dampjoux et du cimetière paroissial, la présence du moulin banal de la seigneurie de Clémont sur la Barbèche expliquent les communications des habitants de Noirefontaine avec la rive gauche du Doubs.


Les cahiers de doléances de Noirefontaine (1789) témoignent de leurs difficultés et l'annuaire du Doubs de 1804 parle de l'existence du bac ou d'une barque entre Noirefontaine (certainement Poset) et Dampjoux.
A cette époque 25 ponts dont seulement 10 en pierre sont cités sur tout le cours du Doubs. Vers 1750 l'ingénieur des ponts et chaussée Querret construit une nouvelle route entre Pont de Roide et St-Hippolyte, le tracé par la rive gauche est abandonné au profit de celui de la rive droite par Noirefontaine en raison de l'importance des travaux à réalisés sur la rive gauche.
Progressivement le projet d'un pont sur le Doubs va voir le jour dans la première partie du 19ème siècle.
L'apparition du chemin de fer et la présence d'industries (Forges de St-Hippolyte, de Bourguignon, usines de Pont de Roide, moulins sur le Dessoubre) le commerce du bois, les conséquences de la guerre de 1870 vont être à l'origine de la voie de chemin de Fer entre Montbéliard et St-Hippolyte.


Historique
Nous avons peu d'éléments sur l'histoire de ce pont qui est certainement le plus ancien.
On peut imaginer l'existence d'un pont en bois sur le chemin qui va à Dampjoux et St-Hippolyte par la rive gauche du Doubs, puis par la suite d'un pont en pierre dont on trouve trace au XVIIIe siècle mais qui est probablement antérieur.
En 1842 les archives municipales évoquent les nombreux conflits entre les communes de Villars et Dampjoux concernant les réparations de l'ouvrage du " pontot sur la Barbèche " proche des moulins de Villars qui paraît en mauvais état.
C'était un pont en pierre à 2 arches et 3 piles dont une en rivière, la chaussée était de 3 mètres entre parapets, il existait un canal d'arrivée d'eau des moulins sur la rive gauche .
Son état de vétusté et son étroitesse ont rendu nécessaire sa reconstruction, en 1968, par l'entreprise L'Héritier.


Pont Le pont reconstruit a une chaussée de 5 m, bordée de deux trottoirs de 0.8 m.
Il présente un biais de 75° par rapport à l'axe de la rivière.
Il est constitué d'une travée centrale en béton armé de 18 m de long supportant la chaussée et les trottoirs.
Le tablier repose sur deux culées également en béton armé.
Travaux : Réalisés en Août 2001 par l'entreprise Clivio à la charge du département :
- changement des garde-corps
- remise en état des corniches et des trottoirs
- protection de la culée et de la berge rive droite (amont) par des enrochements
- réfection de la chaussée.


L'ancien pont du chemin de fer Historique : Après la guerre de 1870, le ministre des travaux publics Freycinet, élabore un plan de développement de nouvelles voies ferrées.
La création d'une ligne de chemin de fer de Montbéliard à St-Hippolyte est approuvée par le conseil général en 1875.
Cette ligne (n° 123) pouvait être d'une grande utilité militaire pour le fort du Lomont.
Il s'agit d'un embranchement destiné à desservir la vallée du Doubs jusqu'à St-Hippolyte qui se détache de la voie principale Besançon-Belfort après avoir franchi le pont sur le Doubs à Voujeaucourt.


Elle dessert ensuite les Forges de Bourguignon et les usines de Pont de Roide passe la tranchée de Rochedane puis le Doubs à Villars et arrive à St-Hippolyte après avoir traversé un tunnel.
L'embranchement fait 27 km depuis Voujeaucourt.
Un projet par Audincourt plus long fut abandonné ; localement un autre tracé faisait traverser le Doubs à la Plage pour remonter par la rive droite, passait à Noirefontaine où se trouvait la gare puis rejoignait le tracé actuel.
La ligne est concédée à la compagnie du P.L.M. en 1883.
Les travaux du viaduc sont réalisés par l'entreprise MEYRUEIS et RIBOT (Basses Pyrénées) qui emploie une main-d'œuvre italienne, les matériaux nécessaires à la construction du pont proviennent des carrières d'Autechaux et de Dampjoux (Montoille).
La ligne est inaugurée le 19 Septembre 1886, trois trains circulent par jour dans chaque sens.


La crise mondiale, le développement du transport routier puis la nationalisation du réseau (création de la SNCF en 1937) aboutissent à la fermeture officielle de la ligne au trafic de voyageurs le 5 Décembre 1938. Des transports de voyageurs auront quand même lieu pendant la guerre.
A la libération après la destruction du pont routier, le pont SNCF va permettre le trafic entre les deux rives du Doubs.
Les rails seront temporairement enlevés pour le passage des éléments de la 1ère Armée Française ce qui entraîna quelques dégâts comme en témoigne la présence de renforts encore visibles sur l'ouvrage. Après la réparation du pont routier, le trafic marchandise reprend puis est interrompu définitivement en 1969 à la suite de l'effondrement partiel de la voie à St-Hippolyte. La voie est déclassée par décret ministériel en 1973 du km 17 au km 27.
La commune, ayant pris une option d'achat en 1971, acquiert la halle de marchandises (future salle des fêtes), le terrain d'assise des voies et le viaduc pour 141.000 F en 1976. Le pont est depuis cette date utilisé comme chemin piétonnier et piste cyclable.


Pont Description :
C'est un ouvrage en maçonnerie de pierre à 3 arches d'une longueur totale entre les culées de 57 m.
Les trois voûtes ont une ouverture de 17 m. Le tablier a une largueur de 5,3 m et se trouve à 9.8 m du niveau de la rivière.
Les appuis sont également en pierre, les 2 piles en rivière font 3 m de large.
L'emprise des culées sur les berges fait 16 m. A l'origine les garde-corps sont en fonte.
Travaux : En 2000 les garde-corps qui avaient déjà été surélevés (Ets Roy) sont remplacés par des barrières en tube galvanisé par l'entreprise Vautrin. Cette année ,courant octobre, Mr JL Willemin grimpeur élagueur de Montrond le Château a réalisé les travaux suivants :
- débroussaillage des piles et culées, suppressions des rejets
- dévitalisation des souches
- suppression du lierre et défrichage de part et d'autre du pont.


Le Pont Routier RD 36 :

Historique :
La gestation du projet et sa réalisation vont prendre plus de 10 ans, En effet, on retrouve dans les registres des délibérations du conseil municipal de Noirefontaine un projet de construction d'un pont proche de l'abreuvoir , le 8 Mai 1834.
Les registres de Villars qui n'existent que depuis 1838 parlent le 8 Juin 1836 du projet d'un pont suspendu.
Le projet est confié à Mr Parandier ingénieur des Ponts et Chaussées.
Les communes désirent ardemment quel le projet aboutisse mais les difficultés financières sont nombreuses, le projet devant être financé par les deux communes.
La possibilité d'un péage est même envisagé. Les fonds propres des communes ne suffisant pas, Noirefontaine vends 25 pieds de chêne et Villars une parcelle de bois au lieu dit " sous aux porcs ".


L'adjudication des travaux a lieu le 23 Mai 1842 pour la somme de 36.500 F, les travaux sont réalisés par l'entreprise Grandillot et Roy de Besançon. En 1844 les travaux en cours sont presque achevés mais le conseil municipal de Noirefontaine se plaint de leur lenteur et de la négligence de l'entreprise.
Les travaux sont terminés en 1845 et la réception des travaux a lieu le 31 Octobre 1845. Le pont a coûté 38.729 F, Noirefontaine a participé pour 18.000 F (13.400 de fonds propres) Villars pour 14.000 F , la différence venant de la participation d'autres communes.
A cette époque Villars comprenait 139 habitants (Noirefontaine 159 ), le budget communal était de 932 F en recette, et 924 F en dépense.
Près de 100 ans plus tard, le pont va subir les conséquences des combats de la libération.


Depuis le 17 Août 1944, les FFI tiennent le plateau du Lomont malgré plusieurs attaques des Allemands les 22 août et 6 septembre. Le 6 Septembre :
les premiers éléments de la 3ème Division d'Infanterie Algérienne (3ème DIA) :
- 3ème Régiment de Saphis Algériens, - 7ème Régiment de Chasseurs d'Afrique
- 4ème Régiment de Tirailleurs Tunisiens arrivent dans la soirée à Villars par la Barbèche et passent le pont.


Au cours de cette journée d 'autres éléments de la 3ème DIA provenant de Maiche libèrent St-Hippolyte et rejoignent le Lomont.
Le 7ème RCA possède des chars Tank Destroyer (TD) qui viennent de participer à la campagne d'Italie, ont débarqué à St-Tropez le 18 août et pris part aux combats dans le midi de la France
Ces blindés vont permettre de résister aux chars Panther de la 11ème Panzer Division qui occupent Pont de Roide.
Un article récent paru en Septembre 2001 dans la revue 39/45 retrace les combats des 6 et 7 Septembre et la destruction du pont.
L'épisode est raconté par le chef du char Bacchus.


Ce char qui est encore à Marseille le 28 Août remonte vers le nord par les Alpes, il est à Grenoble le 31 à St-Claude le 3 Septembre, le 5 à Etalans avant d'arriver dans la soirée du 6 à Villars.
Le 7 Septembre, les TD Bacchus et Beaujolais sont sur une hauteur prés de Montécheroux, une tentative d'attaque de Pont de Roide par Rochedane va échouer ; vers 14 h les Allemands font une contre attaque avec 3 chars Panther afin de détruire le pont routier et le pont de chemin de fer.
Ils débouchent devant une première pièce antichars de 57, située à 1200 m du pont avant Noirefontaine, celle-ci ne peut intervenir car les servants, peut-être lassés par un longue attente se restaurent dans une maison voisine.
Quand ils se rendent compte de la situation, il est trop tard le char de tête tire un obus explosif près de la pièce.


N'observant aucune réaction, les Panther continuent leur course et se présentent à 300 m d'un second canon de 57 situé à 100 m du pont.
Les servants qui les ont entendu venir sont en alerte.
De sa tourelle, le chef de char du premier Panther fait des gestes de reconnaissance pour tromper la vigilance des servants du 57 qui a été repéré malgré son camouflage et, au même moment, le char décoche un obus qui perce la toiture du hangar jouxtant le 57. Quatre obus suivent dans la foulée mais heureusement sans toucher la pièce qui a répliqué : sept obus sont envoyés dont au moins deux ricochent sur le blindage mais le tir ne peut être ajusté car la lunette de visée est pleine d'eau et se trouve inutilisable.
Les canonniers se dispersent et les Panther atteignent le pont routier.
Pendant que les sapeurs débarqués du premier char font sauter l'arche centrale du pont routier, le deuxième détruit trois Dodge et une Jeep.


Le troisième tire en tous sens pour contraindre les fantassins à se terrer et débarque à son tour des sapeurs pour miner le pont de chemin de fer.
C'est à ce moment que les Allemands entendent les TD Bacchus et Beaujolais qui descendent de Montécheroux, les trois Panther décrochent pour rejoindre Pont de Roide ".
Par la suite, le 12 Septembre ces TD et le 4ème RTT participeront à la libération de Pont de roide .
L'arche centrale du pont ayant sauté , la reconstruction en 1945 se fera en béton en faisant disparaître les ouvertures situées entre les piles et le tablier (qui faisaient parler de pont suspendu), d'autre part, la chaussée va passer de 4.5 m à 6 m avec la création de deux trottoirs en encorbellement. En 1977 ont lieu des travaux de confortement des piles, par mise en place d'un batardeau de palplanches métalliques avec remplissage en béton et d ' épinglages des bandeaux des voûtes de rives.


Description :
C'est un pont à 3 arches en maçonnerie de pierre, hormis la travée centrale reconstruite en béton.
Les 3 voûtes ont une ouverture de 14.50 m. La longueur totale de l'ouvrage est de 48 m entre les culées.
En coupe transversale la voûte de 6.5 m de large est élargie par 2 trottoirs en encorbellement avec culasses contrepoids en béton armé de chaque côté.
Les appuis (culées et piles) sont en maçonnerie de pierre, les culées sont fondées superficiellement sur un massif en maçonnerie.
Les piles (2.25 m de large) sont également fondées superficiellement , elles sont protégées par un rideau de palplanches métalliques et un remplissage en béton. Les garde-corps, à l'origine en fonte, sont actuellement béton.


Travaux :
Travaux prévus par le département en 2002 :
- liaisonnement des trottoirs en encorbellement
- mise en place d'une étanchéité générale sur l'ouvrage
- passage des canalisations (notamment égouts) dans un caniveau technique sous la route
- changement des garde-corps
- élargissement du trottoir aval qui passe de 0.95 m à 1.20 m , conservation du trottoir amont à l'identique
- restauration des perrés amont et aval rive gauche et confortement du perré rive droite.


Notes :
Perré : Revêtement en pierre sèches ou maçonnerie hourdée qui protège un ouvrage et empêche les eaux de le dégrader.
Batardeau : digue provisoire pour mettre à sec un endroit baigné par de l'eau et où l'on peut exécuter des travaux.
Culée : massif de maçonnerie adossé à un terrassement.
Palplanche : produit sidérurgique fini, dont la section très spéciale permet de l'agrafer à d'autres par simple emboîtement afin de constituer un barrage de protection contre les eaux.

Pont Le pont routier : situé pour moitié sur le territoire de la commune de Noirefontaine.

Le pont du chemin de fer :
situé pour moitié sur la commune de Noirefontaine, il appartient à la commune de Villars.
Le pont de la barbèche : situé pour moitié sur le territoire de la commune de Dampjoux.
Archives départementales du Doubs. Annuaires du Doubs 1804, 1847 et 1848.
Revue 39/45 Septembre 2001.
La guerre des blindés en Franche-Comté .Editions Cêtre, 1993.
Histoire du rail en Franche-Comté Ed.
La Regordane, 1989.
Les chemins de fer dans la région de Montbéliard, 1979.

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